ÉPITAPHE

Ci-gît celle dont peu se souviennent encore, / Celle qui fut volée, maquillée, dévoyée, / Celle pour qui jadis d’autres ont bataillé. / Son nom est Liberté et bien triste est son sort. / À quoi songiez-vous donc quand sciemment ils ont / Coulé l’économie et prohibé les soins, / Fustigé la jeunesse, abattu les anciens, / Bâillonné la culture avec exaltation ?

L’AMANT

Je n’ai, ma douce, hélas, rien d’autre à vous offrir / Que mes plus chaudes larmes ; et le triste tourment / Où vous jetez mon âme depuis si longtemps / N’aura raison d’un cœur qui à vous plaire aspire. / Je vis pour vous servir et toujours vous aimer. / Je gravirai les monts, je défierai les cieux, / Renierai père et mère pour conquérir vos yeux / Et goûter un instant votre sein adoré.

M.O.T.S

Ils sont beaux, les mots d’amour que tu m’écrivais. / Heureusement, je les ai gardés. J’ai conservé tous tes mots. / Je ne crois pas qu’il me soit déjà venue l’idée de les jeter ? / Non, à aucun moment. / Cette idée ne m’a jamais traversée. / Tes mots font partie de mon monde, désormais. / À présent, tes mots sont mon monde, ma vie et je ne pourrais m’en séparer qu’en la perdant, la vie. Tu inventes mon monde par tes mots. / C’est formidable. / C’est formidable et moi je coule, je continue de couler sous leur poids et sous le poids de l’ineffable existence que je mène.

NUIT D’AMOUR

Ce texte est le fruit d’un exercice de style : une amie devait me donner dix mots – les dix premiers mots qui lui venaient à l’esprit – et je devais, avec ses mots, écrire un texte sensé en les utilisant dans le bon ordre. Les mots étaient les suivants : maman, Algérie, sac à main, beauté, chocolat, marrant, vêtement, Hermès, fumier, Alexandre.

LA CAVERNE

Dans une société futuriste, les publicités sont devenues un moyen de contrôle de la pensée et le capitalisme a vampirisé le monde, au point de détruire un à un tous les artisans locaux. Face à un gigantesque quartier d’affaires dirigé par un despote, une famille de faïenciers tente tant bien que mal de lutter pour sa survie et celle de sa production.

L’HOMME DE FEU

Son épopée commence, il avait dix-neuf ans. / Intrépide, vaillant, plein de fougue et d’audace ; / D’un immense génie se forgeaient carapace / Les ombres si ténues de son destin ardent. / Prophète étincelant sous la pâle lumière, / Après la lune il court, et bouscule en passant / Uranus, et Saturne, et les astres fuyants, / Longtemps paralysés par les froides chimères.

LA VÉNUS D’ILLE

Dans la petite ville d’Ille, une Vénus en bronze a été découverte par un collectionneur local, M. de Peyrehorade. Attiré par cette étonnante statue, l’archéologue parisien Henri Prosper se rend à Ille, où l’on s’apprête aussi à célébrer les noces du jeune Alphonse et de Louise de Puygarrig.

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